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Unifié au XVIIe siècle par un moine tibétain, Shabrung Ngawang Namgyal (1594-1651), le Bhoutan porte en tibétain le nom de « Drukgyul » ou pays du Dragon, en raison de sa connexion avec la lignée Drukpa Kagyu, une des quatre écoles principales du bouddhisme tibétain.
Une exposition nous permet aujourd’hui de connaître un peu plus son art intimement lié au Bouddhisme Vajrayana, pratiqué par l’immense majorité de la population. Les œuvres, exposées au Musée Guimet, représentent un témoignage étonnant de la richesse spirituelle et artistique de ce petit pays caché au cœur de l’Himalaya.
L’exposition commence par une série de photographies de Mathieu Ricard, moine bouddhiste, auteur et traducteur du Dalaï Lama, qui a séjourné pendant de nombreuses années au Bhoutan. On peut voir, par exemple, une magnifique photo de son maître racine Dilgo Khyensé Rinpoché (1910-1991) en habits de cérémonie, tenant clochette et vajra, sur un balcon de Taktsang. Mathieu Ricard a aussi capturé le mouvement des danseurs à coiffe noire virevoltant au rythme des tambours sur le parvis du monastère de Tronga.
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Dans la première pièce, on peut aussi voir deux peintures d’une grande qualité du cycle des Jataka, les histoires des vies passées du Bouddha. Ces histoires illustrent la sagesse, la compassion et les méthodes mises en œuvre par le futur Bouddha Shakyamuni pendant ses existences antérieures, elles sont traditionnellement contées aux enfants sous forme de récits édifiants.
Un peu plus loin, on aperçoit des thangkas, montrant les yidams ou déitées de méditation de l’école Kagyu au centre de leur mandala, comme Çakrasambhava ou Vajradakini. Elles sont surmontées du bouddha Vajradara et des maîtres de la lignée : Tilopa (avec son poisson), Naropa, Marpa, Milarepa.
De nombreuses et magnifiques statues en bronze rythment l’exposition. Tara verte, dit la Salvatrice, parfois surnommée la Vierge Marie des bouddhistes, ornée de petites turquoises avec sa main ouverte dans le geste du don. Padmasambhava, le Né du lotus, magicien et saint indien qui introduit le Bouddhisme au Tibet, avec ses deux épouses mystiques, Mandarava et Yeshé Tsogyal. Drukpa Kunley, surnommé le « Fou divin », grand mystique aux habitudes libertines, capturé en train de jouer du dramyen, une sorte de luth, probablement occupé à conter fleurette à une belle inconnue.
En résumé, cette exposition réunit une collection unique d’œuvres destinées, à l’origine, à inspirer les pratiquants du Vajarayana sur leur cheminement spirituel. Pour en apprécier pleinement le contenu, il est préférable de connaître le cadre spirituel et historique du Bouddhisme tibétain. Pour autant, l’incroyable qualité artistique de ces œuvres ne manquera pas d’éblouir tous les visiteurs.
Jusqu’au 25 janvier 2010 au Musée Guimet à Paris
Site internet : http://www.guimet.fr/
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